jeudi 27 mars 2014

ARTICLE LE POINT MAGAZINE (mars 2014)

Journal des primeurs à Bordeaux : 25 mars. Sixième jour.

Le Point.fr - 

Lalande-de-pomerol, montagne-saint-émilion, saint-georges-saint-émilion. Au total, une centaine d'échantillons... Et si, cette année, les bonnes surprises venaient des satellites ?

L'église de Lalande-de-Pomerol, située en face de la maison des vins.
L'église de Lalande-de-Pomerol, située en face de la maison des vins. © DR
Par et
Dans la famille pomerol, voici le petit cousin à particule lalande-de-pomerol. Longtemps vin de paysans, avec de petites exploitations où l'on pratiquait la polyculture (élevage notamment), lalande connaît une mutation rapide ces dernières années. Il n'y a pas si longtemps, une trentaine d'années, les vins se vendaient essentiellement au négoce de Libourne, en vrac et à petits prix. Mais la notoriété de pomerol grandissant, les producteurs de Lalande ont cherché eux aussi à valoriser leurs exploitations. Mise en bouteilles et vente à la propriété, sérieux travail de mise à niveau dans les chais et phénomène de rachats et de concentration. Depuis 2006, soixante exploitations ont disparu. Le syndicat d'appellation est passé de 220 à 162 adhérents. Surtout, on a vu arriver de grosses pointures qui, trouvant le foncier abordable, s'y sont investies. Hubert de Boüard, du château Angélus, qui se serait bien passé de ce pic de célébrité que le livre d'Isabelle Saporta lui a offert, a construit un chai révolutionnaire à La Fleur de Boüard.
Surtout, quelques poids lourds de l'industrie viticole, comme Les Grands Chais de France, ou des investisseurs puissants chinois, comme COFCO, ont racheté quelques belles propriétés sur l'appellation (Château de Viaud ou Bertineau Saint-Vincent de la famille de l'oenologue Michel Rolland). Est-ce une conséquence ? Mais le prix du vrac (négoce) dépasse aujourd'hui celui des saint-émilion grand cru, et sans faire de communication ("il ne se passe rien, mais ça marche !", nous dit un acteur local...), lalande-de-pomerol réalise une assez belle percée sur les marchés.
 © Thomas Dupaigne Thomas Dupaigne
Philippe Durand-Teyssier, président de l'appellation et nouveau maire de Lalande, a du coup décidé de transformer le siège du syndicat viticole, qui demeurait dans son jus quelque peu pavillonnaire, en un vrai lieu de rencontres entre le vin, les consommateurs et la gastronomie en envisageant la création (au futur) d'un restaurant. De quoi réjouir la très efficace directrice du cru, Nathalie DIFFI, qui rêve d'une maison des vins un peu plus accueillante.

Nous avons goûté une cinquantaine de lalande-de-pomerol, et malgré les différences de terroirs, qui existent sur cette appellation, il nous a paru que l'ensemble était relativement homogène. Comme chaque année, le petit cru de saint-georges-saint-émilion se distingue par sa finesse, tandis que les vins de montagne-saint-émilion, appellation beaucoup plus vaste, montraient des différences plus accentuées. Des quatre satellites de saint-émilion, montagne, saint-georges, puisseguin et lussac, ce dernier - lussac-saint-émilion - s'est montré le plus délicat et sans doute le plus performant dans ce millésime.

Rencontre avec Axel de Lavaux au château Martinet

 ©  DR
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En sortant de dégustation, nous sommes allés rencontrer Axel de Lavaux au domaine familial de château Martinet, une petite oasis de verdure, dans la banlieue de Libourne, à portée de fusil du centre commercial Carrefour. La famille de Lavaux, bien connue dans le milieu du négoce libournais, est également propriétaire de huit châteaux. Jusqu'à présent, ces domaines ne brillaient guère dans les dégustations, mais depuis le retour du jeune Axel aux commandes des propriétés, il semble bien que cela change. Nous avons beaucoup aimé le Clos des Gavelesses en appellation lalande-de-pomerol, quatre hectares répartis sur de beaux terroirs morcelés, principalement exposés plein sud. Ce vin est vinifié dans les chais du château Martinet situé en appellation saint-émilion. À 32 ans, Axel de Lavaux veut aussi développer l'oenotourisme et communiquer auprès de la jeune génération. Prochaine étape, un caveau de dégustation flambant neuf, et un site internet relayé par les réseaux sociaux et par Twitter. "J'ai voyagé durant quatre mois à travers le monde pour voir tout ce qui se fait en matière d'oenotourisme. Aujourd'hui, mon travail va être de m'inspirer de tout ça pour mettre la tradition à la portée des jeunes consommateurs !"

1 commentaire:

Nathalie a dit…

http://www.lepoint.fr/vin/journal-des-primeurs-a-bordeaux-25-mars-sixieme-jour-25-03-2014-1805591_581.php
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